Récit de l'Audience en Cour d'Appel de GRENOBLE du 20/02/12

Publié le par collectifdu15mars

Il m'est impossible de passer un trait sur ce qu'il s'est passé au cour de cette audience ce lundi 20 février 2012 entre 14h et 14h30, salle 14 au 1er étage du tribunal de GRENOBLE. J'ai pu vraiment constater comme premier concerné dans l'affaire à plaider, dans quel triste état se trouve la justice en FRANCE. Je suis même persuadé que cela doit durer depuis un sacré bout de temps malheureusement... Et pour combien encore ?

Je ne pensais pas avant cet épisode que cette justice (si le terme peut-être justement approprié car j'en doute fortement désormais) pouvait être aussi éloignée des réalités du citoyen justiciable qu'elle ait à traiter.

Tout d'abord, je dois reconnaître mon inexpérience du milieu judiciaire et en particulier de celui des tribunaux, n'ayant eu jusque là que 3 ou 4 occasions d'assister à une audience similaire. Seulement celle-là me concernait au plus haut point étant donné le litige qui m'oppose à l'OPH05 depuis plus de 2 ans.

Il est vrai aussi que je n'étais pas franchement aidé par l'avocat qui me représentait.

Déjà lors de sa première plaidoirie au TGI de GAP à l'automne 2010, un ami qui était présent m'avait fait part qu'il l'avait trouvé plus que mollasson et surtout très brouillon. En effet, j'ai perdu ce premier round à plat de coutures et pourtant celle de l'avocat de la partie adverse était plutôt plus au raz des pâquerettes n'invoquant que des propos diffamatoires sur mon compte du genre "profiteur du système" voire escroc... Un escroc à 400 euros mensuels... Bref j'avais tout de même compris que ces gens là avaient le savant pouvoir de présenter des vessies pour des lanternes en quelque sorte.

Enfin, pour résumer mon défenseur au-delà de ses prestations orales en audience, il faut y ajouter l'impossibilité permanente de pouvoir le joindre, me laissant des semaines et même des mois sans répondre à mes questions ou demandes... Figurez vous chers lecteurs, qu'il ne m'a même pas passé un coup de fil durant les 26 jours de grève de la faim que j'ai tenu au début du printemps 2011 ! Cela peut en dire long sur sa motivation à me défendre (durant toutes mes déclarations sur ce blog et rédaction de mon journal quotidien de cette grève de la faim, je n'en parlais pas car il me représentait mais dorénavant c'est différent puisque, et grand soulagement, je l'ai éxonéré depuis cette dernière).

Je veux bien admettre qu'en étant sous le joug de l'aide juridictionnelle il m'était difficile de prétendre (encore que...) à un cador du barreau et encore faut-il qu'il en existe vraiment un dans ce département, mais tout de même !

D'ailleurs au cours de sa seconde plaidoirie pour la QPC (question pour la constitutionnalité) en juin 2011 à la cour de GRENOBLE, je faisais la même conclusion que celle de mon ami lors de sa première à GAP.

En conséquence débouté ! Dégoûté serait plus approprié.

Evidemment on peut me rétorquer que je pouvais changer d'avocat depuis. Mais, comme je vous le disais précédemment, pour prendre lequel ? Il faut voir l'état du département et comment cela à l'air de se passer au tribunal de GAP. La première fois que j'ai du m'y pointer, je me demandais si je ne me retrouvais pas dans un club des notables du coin tant l'apparence de connivences s'affichaient publiquement entre avocats plaignants ou défendants et même les juges... On se serait dit au comptoir de leur club...

A cette vue je me suis dit, face à ce spectacle, qu'il était éxagéré de prendre tout ceci bien trop au sérieux et que, justement, ma vision initiale et naïve de respect immuable de la justice de mon pays en prenait un sacré coup, tant mon impression trouvait cette situation si pathétique et vulgaire en présence des justiciables et de leurs clients aux regards angoissés qui se tenaient dans le fond de la salle.

Ceci dit, il est évident après description, que c'est en ayant du "fric" ou autre "haut bourgeois pouvoir" qu'il est possible d'être défendu ou représenté correctement mais aussi surtout respecté en tant qu'être humain.

Et ceux qui veulent croire encore en une justice égalitaire... Et bien je leur dis qu'ils peuvent s'auto-mettre le majeur où je pense car cela équivaut vraiment à la stricte et même sensation !!!

Revenons si vous le voulez bien à notre audience de ce 20 février...

Juste avant d'entrer dans la salle, je rappelle à mon avocat, à peine revenu en coup de vent de la machine à café du tribunal de plus sans m'en proposer un où j'aurai beaucoup aimé qu'il me parle de sa stratégie de plaidoirie, que je désire toujours faire une déclaration qui durera à son grand maximum une dizaine de minutes. C'est lui-même qui m'avait certifié que j'en avais le droit et donc la possibilité. Par ailleurs de préparer cette déclaration m'avait pris tout le weekend afin de mesurer mes mots compte tenu de l'importance des conditions du lieu (déclaration qui sera disponible sur le blog prochainement). J'avais même prévu d'en remettre une copie écrite à chaque partie présente.

Une fois entrés dans la salle, je m'installe juste derrière mon avocat en étant bien visible des juges et de leur greffière.

A propos de la greffière, un peu auparavant elle m'avait adressée la parole pour vérifier qui j'étais et, par son attitude, j'ai pu déjà ressentir comme une certaine condescendance à mon encontre. Je dis cela car, en ayant pris du recul depuis, c'est exactement le sentiment qu'elle m'a laissé à l'esprit. Mais, tout de même, j'étais loin d'imaginer la suite dans les 30 minutes à venir...

Les juges sont installés sur une estrade surplombant cette petite salle qui peut accueillir au bas mot une trentaine de personnes. Nous ne sommes que onze: les 3 juges, leur greffière, mon avocat, sa stagiaire et celui de la partie adverse  ainsi que 3 autres pour une autre affaire à suivre et enfin moi-même comme seul justiciable.

A en juger par le cadre il semblerait que cela devrait permettre une certaine intimité pour créer une audience sereine et de saines prises de paroles, orchestrée par les 3 juges mandatés pour cela.

Mon avocat ouvre le bal en commençant déjà à balbutier ses mots.

Je l'écoute bien sûr très concentré et constate tout de suite qu'il se cherche, n'arrivant pas à captiver ses auditeurs et particulièrement les juges, un peu comme s'ils le connaissaient déjà, en décrivant ma très forte impression sur le moment.

Evidemment je commence à être préoccupé. Pourtant lors de notre dernier RDV il m'avait certifié d'être plus virulent compte tenu des arguments juridiques et moraux à notre avantage... Bref je lui avais remis une fois de plus totalement ma confiance et étais persuadé qu'enfin il n'allait pas manqué son affaire cette fois-ci. C'est à dire faire son job tout simplement.

Et bien non !

Non seulement il ne trouvait pas ses mots mais il disait n'importe quoi, n'arrivant pas à exprimer ce qu'il était sensé devoir dire. On aurait dit qu'il n'avait rien préparé.

Au bout d'un quart d'heure je n'en pouvais plus. Je l'interpelle alors pour lui faire comprendre mon insatisfaction.

Je me lève pour demander aux juges si je pouvais intervenir en faisant ma déclaration...

 

ET BIM BUM BAM !!! D'UN COUP LE CIEL M'ECRASE LA TETE !!!!!

 

Voilà que ces braves gens se braquent d'un seul corps contre moi. Soudain mon avocat et le juge se situant au centre des 2 autres commencent à me réciter leur numéro d'indignation en réaction à mon intervention qui n'était nullement agressive si ce n'est que j'avais simplement couper la parole au massacre de plaidoirie de mon triste représentant.

O SACRILEGE, c'était comme si j'avais interrompu un rite. Un rite qui ressemblait plutôt à celui d'une secte dont je ne faisais pas parti, même si premier concerné dans l'affaire traitée. Brutalement il m'était imposé de la boucler et à la vue de leur humiliante manifestation on me faisait ainsi comprendre que je n'étais qu'un dossier comme si ma présence n'était même pas souhaitée ?

C'est vrai, ma présence importait peu tant je ressentais depuis le début de cette audience un l'effet d'être translucide voire invisible là juste en face d'eux. A ern croire qu'il aurait même fallu que je m'excuse d'être présent à leur rite routinier sans savoir à quelle sauce leur belle cuisine allait pouvoir me manger ...

A cet instant j'ai pourtant fait de mon mieux de rester impassible en m'efforçant de tenir ma "forte gueule".

J'étais, debout, là devant mon siège et avais un mal fou à croire ce que je voyais mais surtout ce que j'entendais sortir de la bouche de ce juge. Jamais je n'avais ressenti autant d'humiliation et de mépris de la part de quelqu'un depuis ma naissance.

Cet homme, parce cela doit être d'un humain dont je parle encore tant il m'a donné la terrible impression d'avoir à faire à un androïde froid et implacable réfugié dans son habit de parade, aurait donc de par sa fonction ainsi le droit de traiter ses semblables de la manière la plus avilissante qui soit. Sans leur laisser un bribe de souffle...Faudrait-il pas lui rappeler que ces semblables ne sont pas que des justiciables mais aussi avant tout ses concitoyens.

 

LA DEMOCRATIE S'ARRETE DONC AUX PORTES DES TRIBUNAUX EN FRANCE !!!

 

 A très prochainement les amis pour la suite... 

 

A PLEURER A EN RIRE !

 

 

 

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